Mercredi 30 septembre 2009

. F.

Mesdames, Messieurs

Vous avez été conviés pour fêter le départ de Monsieur F……. Cet homme, qui durant toute sa vie a consacré à l’administration des finances son génie d’organisateur, va partir. La disparation professionnelle est un drame, il ne désorganise pas, certes le ministère des finances mais il crucifie le mental, déjà fragile de ses proches collaborateurs. Il nous quitte donc pour une retraite dorée, nous laissant seul face aux inquiétudes, dû au changement cataclysmique du système fiscal. Avec son désir de partir il encourage involontairement, la désertion et le non respect des valeurs du travail, qui sont la base de notre société. Nous ne tolérons plus longtemps cette attitude qui consiste à délaisser un emploi pour se perdre dans le stupre et l’inactivité militante. En vérité, je vous le dis, il faut condamner les gens plus préoccupées à se reposer qu’à se focaliser sur un labeur valorisant. Il est vrai, qu’il est de bon ton, dans les milieux anarchos-chevelus, de dénigrer toutes les activités tonifiantes et nécessaires à un bon développement intellectuel. Auparavant Monsieur F….. vous n’auriez jamais renoncé à affronter les difficultés, il en était ainsi ! Vous viviez avec passion vos obligations professionnelles comme vos loisirs. 

Aujourd’hui je me répète, Monsieur F….. a émis le souhait d’arrêter son activité. Son intention est estimable mais regrettable ; C’est encore une bibliothèque qui disparait, laissant orphelin, ses subordonnés. Dans les circonstances actuelles, la France a peur, nos pires craintes se révèlent exactes. On n’hésite pas à idolâtrer la paresse et l’oisiveté, la caractéristique de notre misérable époque. Que faire si les meilleurs d’entre nous, abdiquent devant la propension à se reposer ? Il faut donc paraitre moderne !  Il n’est plus question d’écouter notre seigneur, qui pourtant précise dans ses enseignements : « tu travailleras pour ne pas céder à la tentation» et même cela !  N’empêche pas votre départ en retraite. Vous persistez Monsieur F…… ; c’est un véritable blasphème.

Votre carrière a pourtant été exemplaire, après une jeunesse effrénée (il est fini le temps ou vous fréquentiez les paddocks de F1), vous débarquez de votre province et ainsi débute une longue ascension vers le nirvana de la fonction publique. Vous allez pouvoir  Briser le fraudeur, éradiquer la mauvaise foi et désinfecter le système de ses niches fiscales. Vous exercez, pour un temps, dans la capitale ou vous êtes chargé de vérifier les diaphanes dames des quartiers louches. Cette tâche est honorable mais fait l’objet des quolibets de votre entourage. Alors vous vous remettez en question et vous décidez d’orienter votre carrière vers l’enseignement. Vous dirigez rapidement la pédagogie à l’Ecole Nationale des Impôts ou vous formez les jeunes fonctionnaires. Vous fabriquez, ainsi les futurs cadres de la république, une élite qui, aujourd’hui dirige notre Ministère.  C’est dans les Deux-Sèvres, à Niort que vous prolongez votre mission pédagogique, ou vous façonnez politiquement et culturellement les futurs fiscalistes. Vous finirez votre parcours en étant transféré à prix d’or à l’AS Saint Maixent ou vous mettrez en place le « S L I P »* et vous réorganisez le fonctionnement du « S L I E »**

De votre région natale, la Lorraine, vous parlez avec nostalgie. Vous restez fidèle, au delà des limites de l’irrationalité, ainsi vous soutenez (une cause perdue) : le club de football de Nancy.

Le temps, de l’investigation et de la vérification appartenant à une autre époque, il vous laissera tout le loisir pour parfaire votre culture _ déjà immense _ et de vous occupez de vos proches.  Avec l’indisponibilité permanente qui sera la votre, vous sillonnerez la France, de Bretagne à Marseille, et la planète de Tombouctou à Dniepropetrovsk, ainsi vous ferez le bonheur des agences de voyages. Vous avouez donc implicitement, que vous  consacrez ce temps libre au farnienté ; C’est vraiment désolant !

 C’est fini, demain vous irez vous perdre en mollesses immorales ; Le repos essentiellement et l’oisiveté qui fait perdre à tout individu sa dignité. Monsieur F…… c’est vous qui voyez !  Mais Il y’en a d’autres qui ont essayés. Alors entrez aujourd’hui dans la nuit, entrez dans le passé, l’avenir vous tourne le dos, Monsieur F…… Il n’est jamais trop tard et avant de prendre votre décision vous devriez lire avec attention la lettre adressée au citoyen, par notre guide.

« J’ai appris avec stupeur, avec colère, mais aussi tristesse, votre départ prochain de notre entreprise. Il est déraisonnable de quitter le ministère des finances au seuil d’une réforme qui fera date dans l’histoire de la république. J’ai découvert vos intentions malsaines ; l’idée saugrenue, à l’avenir de profiter de votre vie. Votre refus entêté, de continuer le travail, est déplorable, injustifiée et graves de conséquence. Votre mauvais exemple donnera à tous les jeunes agents l’envie de partir le plutôt possible. Cette oisiveté que je combats, cet encouragement au travail que je prône ; seront à l’avenir l’objet de quolibets et de critiques éhontés. Monsieur, je déplore votre attitude qui consiste à déserter, au moment ou les réformes sociales commencent à donner des résultats. Je suis consterné par autant d’égoïsme, moi qui me suis investi corps et âmes pour un profond changement économique de notre pays. J’ai perdu mon épouse et ma chère image,  j’ai vu mes collaborateurs s’invectivés ou bien me critiqué. Vous, Monsieur, ce qui vous intéresse c’est de vous perdre dans le farniente, la sieste et le stupre ; cette attitude anarchique ne présage rien de bon pour la France. Je vous demande une dernière fois de revenir sur votre décision et ainsi me rejoindre dans mon action. »

                            En ce 29 septembre 2009 de mon apostolat.

Reprenez-vous ! Reprenez votre travail. Ecoutez les conseils éclairés du leader maximo. Travaillez plus, sans compter.

J…n-C…..e (permettez-moi cette familiarité), une dernière fois nous vous supplions de revenir sur votre décision. Nous vous souhaitons tous, quand même une bonne retraite malgré notre amertume, qu’elle vous apporte le bonheur, le loisir et la découverte du monde.

                                                  Bon voyage, Bonne retraite.

P S : n’oubliez pas d’utiliser régulièrement le cyclorameur

 

*       Service local des ingénieuses perspectives

**     service local des inconséquences établies

 

 

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